Au secours je suis nulle

Au secours ! Je suis nulle !


L’apprentissage d’une nouvelle matière ou activité
est une période énergivore et parfois stressante.
L’enfant qui apprend doit faire des efforts pour assimiler les nouvelles informations et les mettre en application. Il peut se sentir vulnérable face aux autres, se comparer à eux.
Il arrive parfois qu’il perde ses moyens lors de la mise en pratique, voire qu’il se braque et ne veuille pas du tout essayer de faire l’exercice.

Pourquoi une telle réaction ?
C’est majoritairement par peur : peur d’échouer, peur de réussir moins bien ou moins vite que les autres, peur d’être jugé par les autres, peur de ne pas être à la hauteur…
Il y a toujours une raison qui explique le blocage de l’enfant.

Que faire dans ce cas ?
Rester calme et se rappeler que s’il réagit ainsi c’est qu’il ne se sent pas bien.
Faire parler votre enfant pour comprendre la raison du blocage.
Rassurer votre enfant sur ses capacités : « Regarde comme tu réussis bien ça et ça… »
Lui montrer que même s’il a des doutes, vous ses parents, vous n’en avez pas : « Je vois que c’est difficile pour toi, mais moi je sais que tu vas y arriver »
Lui rappeler que chacun apprend à son rythme car nous sommes tous différents.
Vous pouvez lui parler de vous à son âge.
Et lui affirmer que nous avons tous des compétences différentes : certains sont bons en maths, d’autres en français, d’autres en bricolage, ou en sport… A chacun sa spécialité 😊 !!

Je vais prendre l’exemple d’une petite fille de 10 ans que j’appellerai Lili.
Lorsque je lui ai demandé ce qui se passait, voici ce qu’elle m’a dit :

Lili : « de toute façon, je suis nulle en maths, je ne comprends rien, je n’y arrive jamais et les autres ils y arrivent tous…je suis toujours la dernière à finir les exercices, je suis nulle…»

Prise dans ses émotions, elle se répète en permanence qu’elle est nulle et finit par en être persuadée.

Objectif N°1 : casser sa croyance négative « de toute façon, je suis nulle en maths, je ne comprends rien, je n’y arrive jamais »

Moi : « Donc depuis que tu es à l’école, tu n’as jamais réussi aucun exercice de maths ? »
Lili : « non »
Moi : « Tu es sûre ? Jamais ? Comment ça se passait l’année dernière ? »
Lili : « Non, j’y arrive de temps en temps mais là je ne comprends rien »
Moi : « D’accord, donc ce n’est pas tout le temps, c’est en moment »
Lili : « Oui »
Moi : « Est-ce que tu peux me donner des exemples de ce que tu réussis ? »

En lui demandant de se rappeler les moments positifs, mon objectif est de porter son attention sur ce qu’elle réussit au lieu de rester focaliser sur ce qu’elle réussit moins bien.

Moi : « Très bien Lili, tu vois tu as déjà réussi plusieurs fois. Tu sais, si tu as des difficultés aujourd’hui, c’est certainement parce qu’il y a quelque chose que tu n’as pas compris. »
Lili : « Oui, mais les autres, eux ils y arrivent tous très bien »

Objectif N°2 : casser sa croyance négative : « je n’y arrive jamais et les autres ils y arrivent tous »

Moi : « D’accord, je comprends. C’est qui les autres ? »
Lili : « Eh bien, c’est Elisa, Zoé, Anaïs et Marie »
Moi : « D’accord, mais ce ne sont que 4 personnes. Tu étais la seule de ta classe à avoir des difficultés avec cet exercice ? »
Lili : « Non, il y avait aussi Théo, Hugo et Axelle»
Moi : « Ok, donc tu vois que tu n’es pas la seule »

Il est important de remettre la situation dans son contexte : Lili ne se sent pas bien car ses copines ont mieux réussi les exercices de maths qu’elle mais elle n’est pas la seule à avoir eu des difficultés.

La situation est bien différente de celle décrite au départ :
« de toute façon, je suis nulle en maths, je ne comprends rien, je n’y arrive jamais et les autres ils y arrivent tous…je suis toujours la dernière à finir les exercices, je suis nulle…»

Une fois la situation clarifiée factuellement, expliquer à l’enfant que le fait de ne pas y arriver n’a rien à voir avec le fait d’être nulle.
Cela signifie simplement qu’il y a quelque chose qu’elle n’a pas compris.
Et elle va pouvoir comprendre en reprenant sa leçon avec l’aide d’un adulte par exemple ou quelqu’un d’autre en qui elle a confiance.

Moi : « Lili, tes copines ont compris plus vite que toi cette fois-ci, mais la prochaine fois ou dans une autre matière, tu comprendras plus vite à ton tour. « 

Je vous invite à regarder avec votre enfant les points forts de personnes proches et leurs axes de progression.
L’objectif est de montrer à l’enfant que nous sommes tous différents, chacun est à l’aise dans un domaine différent.
Et c’est une très bonne chose car cela permet d’être complémentaires 😉 !!

« Papa il est très fort en bricolage mais les maths ce n’est pas son truc »
« Maman, elle sait bien compter mais elle ne sait pas bricoler »…

A vous de trouver vos exemples 😉

Je vous conseille aussi de demander à votre enfant : « Et toi, qu’est-ce que tu sais bien faire ? »
Laissez-le parler de ses points forts.

Si jamais, il a des difficultés à se trouver des points forts, dites-les lui :
« Tu es très inventive, tu as une imagination débordante, tu as une mémoire d’éléphant, tu écris très bien… »

Et répétez-les lui régulièrement !!

 

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